Chroniques d'un scybernéthicien [sotoBlogue]

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - convergence et contrôle

Fil des billets

lundi 18 juin 2007

Débat vs. Contrôle : le projet gouvernemental "Base élèves"


Je viens de découvrir le projet gouvernemental "Base élèves premier degré" qui, après une période de test de plusieurs années, va bientôt rentrer en phase de déploiement national à partir de la rentrée scolaire 2007. J'avoue n'en avoir jamais entendu parlé, et apparemment je ne suis pas le seul, mais ne travaillant pas dans l'éducation nationale ou un secteur attenant, c'est donc en béotien que je vous soumet cette information, qui m'a néanmoins, en tant que simple citoyen, mis en éveille, les indices s'ajoutant aux indices.

De quoi s'agit-il ? Voici la présentation qui en est faite sur un document de l'Inspection Académique de Moselle :

"Le ministère de l'Éducation nationale met en oeuvre un système d'information appelé« Base élève premier degré » pour aider à la gestion des élèves et au pilotage académique du premier degré. Les informations peuvent être partagées avec les communes et portent sur les effectifs d'élèves et les différentes caractéristiques des écoles maternelles et élémentaires. Cette application fonctionne en ligne, est gratuite, sécurisée, et accessible depuis n’importe quel ordinateur disposant d’une connexion haut débit. Elle favorise la communication entre tous les partenaires quant à la gestion et au suivi des effectifs.

Dans le cadre de la loi organique relative à la loi de finances (LOLF), ces éléments aident à rendre compte avec exactitude des moyens utilisés et des résultats obtenus." D'autres information sont disponible sur le site eduSCOL.

 

Or, monsieur Gilles de Robien et le Ministère de l'Education Nationale viennent, pour cette initiative, de se voir décernés en janvier dernier un prix spécial par l'ONG internationale Privaty International (dont je vous parlais dans un précédent article consacré au classement de Google comme "dernier de la classe" en matière de respect de la vie privée) : celui du Big Brother Award France 2006, catégorie "Etat & Elus" :

"Ce fichier nominatif destiné aux élèves de la maternelle à la primaire (3 à 10 ans !), première maillon du fichage républicain, est déployé avec zèle par les services de l’éducation nationale malgré le risque évident de fuites et d’utilisation abusive notamment par les services de police ou d’immigration."

D'après mes informations, voici quelques champs dont on demande le renseignement :
  • les "origines" géographiques de l’enfant (nationalité, pays d’origine, date d’arrivée en France), la langue parlée à la maison, la culture d’origine,
  • un volet « Besoins Educatifs » consigne toutes les données personnalisées de l’enfant, qui jusqu’ici restaient confidentielles : ses difficultés scolaires, suivis R.A.S.E.D. (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté, projet d’accueil individualisé, intégration en CLIS (Classes d’intégration scolaire de vie scolaire), SAPAD (services d’assistance pédagogique à domicile) ...
  • son absentéisme,
  • la situation de sa famille (suivi social).
Les renseignements de Base-élève sont en principe anonymement centralisés à Orléans, sachant que « l'anonymat peut-être levé en fonction des besoins de l'administration » et que la Loi de prévention de la délinquance impose le partage d’informations entre les différents acteurs sociaux, les professionnels de la santé, les enseignants, les professionnels de la police, les magistrats, et le maire de la commune.

Si le sujet vous interpelle, je vous signale que la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon, tiens une rubrique qui à l'air bien documentée sur le sujet.

Il me semble difficile de ne pas faire le rapprochement avec deux pétitions concernant les troubles de conduite chez les enfants :
  1. Celle du collectif "Pas de 0 de conduite pour les enfants de 3 ans !", initiée l'année dernière, qui a obtenu que l'INSERM refonde ses méthodes d'expertise, comme quoi la mobilisation intelligente et concertée paye,
  2. Et celle actuelle, dont je parle ici très régulièrement, à l'initiative des fondateurs de l'association Ars Industrialis, dont fait parti le philosophe Bernard Stiegler, intitulée : "Faire attention - Pour une nouvelle politique éducative". Je précise que j'en suis également membre.
 
Toutes deux critiquent fermement l'expertise unilatérale de l'INSERM, concluant à une origine génétique de ces troubles, et, en tout cas pour la deuxième, appelant au débat national et international concernant le rôle majeur joué par le couplage entre les industries de programmes (télévision, appareils communicants, etc.) et le marketing associé à la publicité dans la captation excessive de nos "temps de cerveau disponibles", entraînant irrémédiablement une destruction de l'attention des plus vulnérables et des plus jeunes.

En terme systémiques, il me semble clair que la volonté de contrôle du gouvernement est inversement proportionnelle à l'implication des citoyens que nous sommes pour débattre publiquement et le plus généralement possible de ces questions de la plus haute importance pour l'équilibre social.

En conclusion, si nous mettons en regard toutes ces informations d'actualité concernant le comportement des institutions du secteur "privé" (?), exemplifié par Google, et ici du secteur public, nous ne pouvons plus ne pas voir qu'il y a là un véritable danger de dérive unilatérale, car sans contre-pouvoir. Nous sommes en train de glisser, insidieusement, vers une société du contrôle et d'exclusion, à très forte tendance auto-destructrice.

Tout cela, encore une fois, est grave et je vous appel à la réflexion et à l'engagement citoyen. Ne donnons pas raison à tous ceux qui assimilent injustement l'individualisme à l'égoïsme.

"Pour triompher, le mal n'a besoin que d'une seule chose... que les gens de bien ne fasse rien !" [Albert Einstein].
 

mercredi 13 juin 2007

Aidons Google à ne pas redoubler (éducation 2.0)

 

Une fois n'est pas coutûme, un peu de légèreté (hi, hi) :

"Les pratiques de Google en matière de respect de la vie privée sont les pires de toutes les destinations populaires sur Internet, selon un groupe de surveillance de l’industrie.

Cherchant ainsi à préciser l’attention portée récemment sur les façons dont le moteur de recherche gère les renseignements concernant ses utilisateurs, le groupe londonien Privacy International a publié samedi un rapport sévère qui ne laisse planer aucun doute sur ses propres constatations.

Google s’est vu attribuer la pire note de l’échelle du classement (format PDF) de Privacy International. La catégorie en question à laquelle appartient le moteur de recherche est réservée aux compagnies qui «exercent une surveillance globale des consommateurs et font preuve d’une attitude hostile à l’égard du respect de la vie privée des internautes.»

Aucune autre des compagnies sondées — un groupe comprenant Yahoo, Microsoft et AOL — ne s’est abaissée à ce niveau, selon Privacy International.

Si nombre des autres compagnies Internet ont en place des politiques par fois troublantes, «aucune ne s'approche autant que Google du statut peu enviable de menace endémique à la vie privée», écrit Privacy International en explication à ses résultats.(...)"

> Lire la suite sur Canoë : Google, dernier de classe.



G@ogle, comme je le rappellais dans un précédent billet, était pourtant passé cette année chef de classe devant Micro$oft. De plus, son comportement à la happy-cantine était vraiement irréprochable.

G@@9le, qui nous abreuve, avec tant d'autres, de services "gratuits" (dont le dernier G@@9le Ge@r), qui sont, il faut bien le reconnaitre, absolument fantastiques, pourrait bien avoir de sérieux problèmes quelques soucis.

Pour une société entreprise, ou peut-être devrais-je dire une "grande personne morale", dont le slogan est, rappellons-le, "power to the people !"  "Don't be evil" (hi, hi), ce classement de dernier de la classe sonne comme une terrible injustice (c'est celui qui dit qui fait est). Eh, oui, il n'y a pas que les petits n'enfants non-virtuels, les grandes personnes "morales" ont elles aussi besoin d'éducation !

Comme l'on ne peut que très difficilement remettre en cause la probité de Privacy International, de l'Electronic Privacy Information Center (EPIC), du Center for Digital Democracy (CDD) et de l'US Public Interest Research Group par exemple, qui ont saisi officiellement les autorités américaines de la concurrence sur le sujet, la seule explication possible et valable c'est que les fautifs, c'est nous !! Comme nous l'avait justement rappellé ce petit  garnement de Gilles Châtelet, l'empirisme mercantile n'a pourtant de cesse de nous le répéter : "Mais oui ! Le marché c’est toi et moi, tu peux le rencontrer au coin de la rue"... de la grande yahourtière du village global.

Alors s'il vous plaît, aidez Google à ne plus être qu'un fils de pub : diffusez cette information et pendant que vous y êtes, par soucis d'équité et de justice économique, pratiquez la discrimination positive et consommez donc aussi un peu plus les services de ses concurrents... pffffff, ils sont fatigants, et nous avec, hi, hi !!! ;) :P

Dernière minute :

Je viens de découvrir qu'un livre téléchargeable sur le sujet, apparement riche et bien documenté, était disponible gratuitement (çà doit cacher quelque chose) sous license Creative Common : "Internet ou la fin de la vie privée" (format pdf), par Les Auteurs Associés, dont vous pourrez lire une introduction sur le site de la revue Automate Intelligents (AI ?!).

Et ne vous inquiétez pas trop, en France, au moins, nous pouvons nous endormir reposer sur les absences de moyens donnés à la ©NIL.
A ce propos, qui est-ce qui a dit que l'inquiétude, l'anxiété, voir la peur, était le moteur et le fondement des collectivités humaines ??
Demandes à 9@@913 !

>>> Et pour ne pas le devenir complètement, je vous recommande chaudement de lire le sulfureux "Vivre et penser comme des porcs", De l'incitation à l'envie et à l'ennui dans les démocraties-marchés, de Gilles Châtelet [lien Amazon.fr].

N'hésitez pas à ne pas me faire savoir si vous trouvez cet article un peu... démagogique.
 

A suivre :

En manière de diptyque, voir la suite chrono et psycho-logique de cet article.
 

jeudi 26 avril 2007

Stratégie virulente des technologies RFID par la gadgétisation

"On l’a déjà écrit, ici, c’est par leur côté gadget, ou divertissant, que les technologies de surveillance qui peuvent en effrayer plus , d’un parviendront à se répandre le plus, et le mieux, auprès du grand public. La RFiD Gazette a ainsi recensé les 15 utilisations les plus délirantes des puces à radio-identification, que l’on trouve :

  • sur des marathoniens afin d’automatiser le chronométrage de leurs courses (voir aussi La traçabilité de l’individu mobile : vers la surveillance désirée),
  • dans des cocottes-minutes pour optimiser la durée de cuissons des plats,
  • sur des fromages pour en améliorer la traçabilité -et lutter contre leur contrefaçon-,
  • sur des balles de golf pour pouvoir les localiser plus facilement lorsqu’elles se perdent dans les buissons,
  • sur des ruches afin d’en empêcher le vol (semble-t-il fréquent pour certaines abeilles utilisées pour polliniser),
  • sur des robots servant de guides pour aveugles dans les rayons des supermarchés,
  • dans des WC “intelligents dotés d’un détecteur qui émet des alarmes sonores et visuelles, et coupe l’arrivée d’eau en cas de fuite ou de débordement; certes, cela arrive plutôt rarement, et le dispositif est assez complexe à installer, mais ce genre de désagrément pourrait causer des milliers de dollars de dégâts, sans parler des risques sanitaires, selon le fabriquant (qui commercialise également un aquarium à installer en lieu et place du réservoir des toilettes)
  • sur des cadavres en lieu et place de l’étiquette placée sur les doigts de pied, afin de pouvoir les ramener à leurs proches et d’éviter les désagréments dus à l’odeur et à la décomposition, lors des catastrophes naturelles (Verichip les avait testées suite à l’ouragan Katrina)
  • sur des jetons de casino afin de surveiller la façon de parier et de dépenser des joueurs, mais aussi de détecter les tricheurs, de les empêcher d’utiliser des jetons non certifiés, ou de voler ceux des autres joueurs
  • sur des malades en passe d’être opérés afin d’éviter aux chirurgiens de se tromper de patient, de partie à opérer, et d’opération à effectuer.

Voir aussi les 5 histoires d’implants RFiD recensées par la Gazette."

> Src : InternetActu - Rions un peu (jaune) avec la RFiD.

jeudi 19 avril 2007

La privatisation du vivant - Entretien avec Geneviève Azam

Un entretien vidéo édifiant avec Geneviève Azam, qui est Maître de Conférences en économie à l’Université de Toulouse-le-Mirail et membre du conseil scientifique d'ATTAC, à propos de la privatisation du vivant par une petite poignée de grandes firmes transnationales :




> Voir le dossier sur le "hold-up" du vivant sur le site d'ATTAC : http://france.attac.org/spip.php?rubrique62
> dossier l'"appropriation du vivant" sur Vivagora

C'est sur cet article d'AgoraVox que j'ai découvert cette vidéo.


Encore une illustration très concrète de l'oubli de la vie, dénoncé par Husserl dans la Crise des Sciences Européennes (1936) ou encore plus récemment par un grand biologiste contemporain comme François Jacob qui nous affirme qu'"on n'interroge plus la vie, aujourd'hui, dans les laboratoires". Je pense que l'épistémologie de la biologie, comme toute la pensée et particulièrement la pensée scientifique, traverse une grave crise qui la rend particulièrement fragile et illégitimement instrumentalisable par les intérêts financiers et économiques.


jeudi 22 mars 2007

Enaction_in_Arts - La vision de la communauté européenne


Enaction is a term coined in psychology (J. Bruner) and used in a particular biological approach (F. Varela), according to which cognition is fundamentally a feature of living organisms in a dynamic adaptive relationship with their environment. Only recently the term has gained widespread currency in domains such as human-computer interaction. In the same kind of view, the physicist Jean Petitot proposes the idea of a "Phenophysics", based on the theory of "Morphogenesis" of the mathematician R. Thom, according to which the necessary condition for categorization to occur, is the presence of specific singularities in the dynamics of physical sensorial events, on which categorization can get a grip. These theories are used in signal processing, shape recognition and can be used in extraction of emotive patterns in signals. Other related concepts are presently developed also in relationship with artificial intelligence and robotics. The proper domain is that of the so-called embodied cognition, which gives much importance to action and perception in the definition and simulation of intelligent behaviors, by focusing the attention on parallel, distributed architectures, on adaptive behavior of different kinds (not only high order symbolic capacities) and on the possibilities offered by the dynamic systems modeling of behavior.”

http://acroe.imag.fr/enactive07/enaction.php

N'y a-t-il pas un "malentendu"... Cette approche est, à mon sens, trop tendue par l'opérationnel externaliste. Je pense qu'il faudrait beaucoup plus mettre l'accent sur l'humain et l'apprentissage que sur la machine. La pensée énactive est une compréhention alternative à l'exclusivité représentationnelle mais aussi, c'est corollaire, à l'adaptationisme. La cognition incorporée, ce n'est pas que pour les "autres".



jeudi 1 mars 2007

RFID à toutes les sauces : l'invasion des puces


Deux articles sur la prolifération et la dissémination des technologies RFID (Radio Frequency Identification, encore une technologie issue de la recherche militaire) grâce à la miniaturisation :
Ce dernier précise la taille de ces nouvelles puces : 0,05x0,05 mm2 pour 0,005 mm d'épaisseur, soit un peu plus petite que le diamètre d'un cheveu humain...
 
                                              



La cognition augmentée... selon la D@RP@


Avec une orientation différente de la mienne (voir par exemple "Des machines qui pensent aux machines qui donnent à penser" (Bachimont)), voici une page où se trouve une video de la communication de la D@RP@ sur la "cognition augmentée" (un mini-film fiction de 20 mn, aux résonances de gouvernance mondiale). Un article sur sur Futura Sciences précise : "cette discipline se propose de créer une "symbiose" humain-ordinateur afin d'optimiser le fonctionnement du cerveau lorsqu'il se trouve sous l'effet du stress ou d'une surcharge d'information. La cognition augmentée n'est pas à confondre avec la science de l'interface cerveau/ordinateur, qui permet de piloter une machine par la pensée. Ici, il s'agit plutôt de permettre à l'ordinateur de reconnaitre, via divers signes physiologiques, l'état d'esprit de son utilisateur et d'adapter la présentation des informations à celui-ci, afin de permettre plus facilement leur assimilation et accélérer la prise de décision." (mon emphase)






Prospective, perspectives et éthique des nanotechnologies : un rapport de référence


Les nanotechnologies : éthique et prospective industrielle : c’est le titre du remarquable rapport de Jean-Pierre Dupuy et Françoise Roure, mis en ligne par le Conseil Général des Mines et le Conseil Général des Technologies de l’Information en 2005. Une lecture courte (60 pages) et aisée, vivement recommandée à ceux qu’intéresse le cycle d’innovation dans lequel nous sommes désormais entrés."

[Source : internetActu du 28/04/2005]