Chroniques d'un scybernéthicien [sotoBlogue]

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Tag - Bernard Stiegler

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lundi 11 juin 2007

Abracadabra !

Grâce à un rappel mémoriel de Christian Fauré, j'ai finalement regardé ce week-end les vidéos en ligne issuent de la récente université d'été de printemps de la FING consacrée au thème très à la mode de l'innovation et intitulée "Apprentis sorciers ?".

On peux y voir plusieurs interventions fort intéressantes, bien qu'un peu trop rapides à mon goût (is the medium the message ?), dont une de Bernard Stiegler portant sur la nouvelle figure de l'amateur, ou encore celle de Clarisse Herrenschimdt nous invitant à un regard historique et sémiotique passionnant sur ce qu'elle nous présente comme étant une révolution du code informatique. Au passage, j'ai eu le plaisir d'y trouver une confirmation de certaines de mes intuitions travaillées concernant la fondation gestuelle de l'origine des nombres.

Cette invocation rhétorique du "sorcier" moderne, que je trouve tout à fait pertinente, ici associée à l'innovation, m'évoque plusieurs références :

  1. Une des première note, très succinte, sur ce blogue mettant en relation "Le désenchantement du monde" de Marcel Gauchet / "Réenchanter le monde : La valeur esprit contre le populisme industriel"*, de Ars Industrialis et Bernard Stiegler.
  2. La profusion actuelle d'oxymorons (ou paradoxismes), comme par exemple, et je vous laisse le soin de compléter la liste, la notion de "révolution conservatrice", figure de style qui jadis était plutôt la marque des poètes, qui en désignant des réalités contradictoires, exprimaient ainsi une dimension vitale, inconcevable et transcendantale.
  3. "La sorcellerie capitaliste : Pratiques de désenvoûtement"*, un ouvrage d'Isabelle Stengers, tentant de nous donner de nouvelles armes pour penser "ce système qui s’invente en permanence et nous saisit à travers des alternatives infernales, du type : « Si vous demandez des droits supplémentaires, une augmentation de salaire, vous favorisez les délocalisations et le chômage. »".

Dans le cadre de l'innovation, vouloir mettre en relation directe le système productif et le consommateur, comme le veulent certains, en une sorte de rétro-marketing, et que cela soit sur un mode "top-down" classique, ou "bottum-up" comme le veut la tendance de l'"Internet 2.0" (on parlera ici en anglais de "crowdsourcing"), ou encore plus intelligemment en conjugant les deux approches, n'est-ce pas de toute façon cours circuiter implicitement la légitimité du savoir et de la connaissance scientifique, le fragile mystère de la création artistique, dont la principale marque éthique est un certain désintéressement (le vrai nom du dévouement pour Victor Hugo) ?!

Ce court-circuit aurait donc pour effet à terme d'annihiler complètement la créativité, et donc d'être contre-productif (cf. Illich). Peut-être est-ce même ce qui est déjà en train de se produire ?! Feu Ivan Illich, disciple de Jacques Ellul, et dont l'une des thèses est que la technique occupe aujourd'hui la place de la religion au sein même de notre culture d'origine chrétienne...

Alors, tous "apprentis sorciers" ?!

Pratiquant moi-même, non la sorcellerie, mais la prestidigitation, je vais vous livrez le "truc", mais vous devez me promettre de le garder bien secret !... Très bien, rapprochez-vous... voici : tout est dans la gestion de l'attention.

En route, donc, vers une société, et non pas qu'une économie, de l'attention et du soin, c'est à dire de l'attention à l'attention ou attention de second ordre (attention²) !

Rem : "*" = lien vers l'ouvrage sur amazon.fr ("à vot' bon coeur m'sieurs dames").

lundi 14 mai 2007

Enregistrements de la réunion Ars Industrialis du 12 Mai 2007 consacrée à l'éducation et à l'attention


Grâce à Christian Fauré, et pour tout ceux qui, comme moi, n'ont pas pu être présents à la dernière réunion d'Ars Industrialis du 12 Mai dernier, vous pouvez maintenant l'écouter en ligne, et ainsi vous individuer psychiquement et collectivement grâce à ce que l'on peut décrire comme des technologies de la mémoire ou "hypomnémata".

Rappellons que cette manifestation était consacrée au rôle majeur que peuvent et doivent jouer les établissements d'enseignement dans la formation et la lutte contre la destruction programmées de l'attention, notamment chez les plus jeunes et les plus démunis, et pour laquelle j'avais fait une annonce accompagnée du texte de préparation. Celui-ci devrait d'ailleur bientôt devenir une pétition à faire circuler largement.
Plus précisément, le thème de la journée était “Éducation et instruments du savoir”.

mardi 1 mai 2007

Formation et destruction de l’attention - L’avenir de nos établissements d’enseignement à l’époque des nouvelles industries de programmes - Ars Industrialis

"Après la deuxième guerre mondiale – moins d’un siècle après la loi sur l’instruction publique de Jules Ferry –, système éducatif et médias entrent en concurrence pour capter l’attention des générations nouvelles.

Vers la fin du XXè siècle, les industries dites de programmes prennent dans les sociétés industrielles une place prépondérante, qui transforme en profondeur la vie politique et l’économie aussi bien que les activités psychiques, cognitives et affectives.

Aujourd’hui, les conséquences de ce qui s’avère avoir constitué un véritable conflit entre institutions de programmes et industries de programmes apparaissent pour ce qu’elles sont : les établissements d’enseignement s’effondrent les uns après les autres.(...)"

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mercredi 28 mars 2007

Hypomnemata - Ecoutez Bernard Stiegler, çà fait du bien !


Deux pages pour écouter le(s) discours passionnant de Bernard Stiegler, qui refonde la philosophie et le politique sur la question de la technique et de l'esthétique, et analyse l'impact catastrophique du "déchaînement" technologique et médiatique actuel sur nos consciences et nos comportements :
Il en va en effet de ce que nous sommes (individuation collective), de ce que je suis (individuation psychique) et de ce que nous utilisons et qui nous utilise (individuation technique).


jeudi 1 mars 2007

Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde


Merci à B. de m'avoir rappelé à la mémoire cet incontournable qu'est "Le désenchantement du monde" de Marcel Gauchet (que je n'ai pas lu)... Un compte-rendu de Jean Zin : Religion, hiérarchie, individu, autonomie, progrès, histoire.

A ne pas manquer, pour reprendre des vitamines (on va pas se laisser faire comme çà ;) :
Réenchanter le monde - La valeur esprit contre le populisme industriel, de Ars Industrialis et Bernard Stiegler.