"Que leurs auteurs se réclament du « libre » ou des hackers, ou des deux à la fois, des écrits circulant sur le Net ou sur le papier font écho à des préoccupations morales qui furent et demeurent celles des Compagnons. Ce qui ne laisse pas de surprendre, car se présentant comme des figures de prou du travail de l'information, les innovateurs de l'informatique paraissent à première vue éloignés des représentations circulant à propos des gens de métier et de leurs conceptions de la vie.

Pourtant, le rapprochement n'est pas hasardeux. En effet, d'une part, le « modèle de l'artisan » a du crédit chez les hackers pour désigner un état d'esprit dans lequel ils se reconnaissent. D'autre part, l'exercice des métiers des Compagnons connaît des transformations.
Jusqu'à une période récente, les Compagnons exerçaient exclusivement des métiers manuels - ils sont maintenant de plus en plus nombreux à prendre la responsabilité de petites entreprises et à développer de nouveaux savoir faire. C'est précisément dans les domaines des apprentissages, c'est-à-dire de la transmission des idées, des intentions civiques et des manières de faire, que des rapprochements peuvent être proposés."


> Compagnons du net - Michèle Descolonges